La création des Parcs et Réserves naturelle a cautionné et cautionne toujours la destruction des autres espaces naturels en Afrique. La cause humanitaire a cautionné et cautionne la destruction de ces réserves par la suite. C’est dans un tel contexte de destruction généralisée que ce projet est né L’endroit était trop petit pour s’appeler réserve et inapproprié pour jardin botanique, arboretum nous semblait un bon compromis. Arboretum s’accordait mieux avec l’objet du Contrat de location : Projet arboricole. La mise en place se fit de la manière suivante : Nous avons commencé par localiser les endroits restés intéressants tels que les papyraies (Papyrus), les phragmitaes (Phragmites mauritianus), les savanes à Acacia polyacantha et sieberiana .. et ceux qui l’étaient moins car détruits par les anciens occupants. Ensuite, simultanément, nous avons commencé les plantations (à partir de janvier 2003 seulement car le déguerpissement des anciens occupants fut difficile, rude et long et ils ont détruit beaucoup d’arbres), éliminé les plantes envahissantes exotiques, détruit les quelques habitations vers la rivière, éloigné les vaches, supprimé le braconnage, limité les passages intempestifs le long de la plage, freiné la pêche le long de la côte et dans la rivière mpanda, interdit la coupe et le ramassage du bois vif ou mort et banni les feux de brousse dans ce secteur, rebouché les fosses-pièges à hippopotames et construit un bâtiment. Il nous était impossible de compléter notre clôture ouest vu que nous devions la placer au delà de la zone litigieuse.
1) Le faciès botanique guinéen burundais : Vous pouvez vous faire une idée de l’aspect de ce type de forêt à Kigwena et dans la forêt de Rumongé. Dans l’arboretum le guinéen + la galerie forestière contiennent plus de 40 essences qu’on a obtenu par bouturage, par marcottage, par semi, par achats ds des pépinières extérieures et par arrachage sur sauvageons en danger car en milieu cultivé. Certaines essences s’y trouvaient déjà de manière spontanée tels que : Ficus vallis choudae, Ficus gnafarocarpa, acacia polyacantha, acacia sieberiana et sesbania sesban. Voici ce qui y a été introduit : Ficus natalensis, ovata, ingens, capensis, toninghii,(il y a aussi des ficus étrangleurs dont j’ai oublié le nom), Milicia excelca, Croton megalocarpus, macrostachius, Albizia grandibracteata, gummifera, grandifolia, Spathodea campanulata,
Markhamia lutea, Cordia africana, Afrocarpus falcatus, latifolius, Anthocleista shweinfurthii, Cussonia holstii, Polyscias fulva, Elaeis guineensis, Sterculia tragacantha, Erythrina abyssinica, Milletia dura, Rauvolphia caffra, Afromomum …, Maesopsis eminii, Newtonia buchananii, hildebrandii, Dracaena afromontana, ???, Sapium ellipticum, Tamarindus indicum, Dodonea obtusifolia, Syzigium guineense, cordatum, Prunus africana, Bersama abyssinica, Ekebergia capensis, Raphia farinifera, Phoenix reclinata, Il y a 5 autres espèces dont je n’arrive plus à me souvenir du nom. La canopées devrait se stabiliser entre 20 et 25 mètres dans l’espace guinéen et 30 mètres et plus dans la galerie forestière. Cette galerie est de tendance sempervirente tandis que le guinéen est caduque en saison sèche soit parce que les essences qui s’y trouve sont caduques strictes soit pcq placées à des endroits plus arides que la galerie les rendent caduques. Beaucoup de ces essences sont médicinales, d’autres mellifères, elles ont souvent un fruit comestible pour l’homme et d’autres espèces tels les guibs d’eau, les singes, etc .., certaines cumulent les 3. D’autres arbres s’y trouvent de manière relique car au bord de l’extinction (ils sont souvent en petits nombre, s’y trouvent sous forme de trace dans le site). Les intérêts de cette diversité sylvicole sont nombreux. Grande autonomie pour l’endroit, les animaux y trouveront tout sur place : nourriture (fruits, feuillages, fleurs, racines), abris et médicaments. 2) Les paysages rusizi et Tanzanien Les secteurs sur lesquels le tapis de graminées n’étaient pas trop endommagés, ont été laissé à eux mêmes, avec, cependant un enrichissement xérophile très limité et groupé en bosquets soit de type Tanzanien tel a été le cas dans la partie centrale/sud du site, tandis que les secteurs rusizi se répartissent plus vers l’ouest et le nord de l’arboretum. On trouve dans les divisions rusizi notamment des Balanites, Acacia albida,xanthofloea, polyacantha, sieberiana, senegalensis, lahaï, nilotica, seyal, gerardii, kirkii, albida, et quelques autres, Hyphaene benguellensis, Euphorbia candelabrum. Tandis que le Tanzanien est notamment enrichi avec : Lanea fulva, Kigelia africana, Ozoroa ??? et Gardenia ternifolia.
3) Le paysage Zambézien Au sud du tanzanien et limitrophe des deux grandes phragmitaies de l’arboretum, enfin limité par la côte. Il est composé d’essences xérophiles qui formeront une forêt claire tels : Entada abyssinica, Albizia versicolor, Albizia schimperiana, Acacia polyacantha et sieberiana, Sterculia quinqueloba, Combretum molle, Terminalia brownii, Brachystegia (divers) , Uapaca (divers) , Grewia similis, Parinari, Markhamia obtusifolia, Ochna ???.. Beaucoup d’essences qui le composent sont mycorhizes. Cette formation ne s’élèvera pas au delà de 10 à 12 mètres de hauteur. Beaucoup de fruits comestibles en son sain et de nombreuses plantes ligneuses médicinales. On trouve encore un lambeau de ce type de formation sur le flanc sud de la forêt de Rumongé.
L’arboretum est jeune et prend de l’intérêt avec le temps d’abord du fait de l’anéantissement de la biodiversité environnante qui le rend unique et ensuite parce que les essences qui le compose sont de plus en plus âgées et avec une densité d’espèce au m² exceptionnelle. La plupart des arbres du site fructifient ou fructifieront vers la 5 ème année. Plus le temps passe, moins le site demande d’entretien et de frais. Toute intervention humaine est nuisible, par exemple un excès de passage. Avec le temps les interventions d’entretien devront s’estomper et nous devrions à ce moment là nous limiter à des interventions d’avantage externes et même ex situ, d’une part en limitant la pêche à proximité car ce sont des frayères, empêcher la coupe et le ramassage du bois vif ou mort car se sont des refuges à pics locaux et de la nourriture aux larves de coléoptères, bannir le braconnage, limiter les passages le long de la côte et enfin, dans la mesure de vos possibilités, assainir les zones limitrophes de l’arboretum afin de pouvoir placer la haie vive définitive et pour éviter d’avoir des voisins trop près de la rivière Mpanda.
Il faudrait aussi éviter toute réintroduction trop hâtive d’animaux sur le site car l’endroit est petit donc sujet aux déséquilibres. Tout au plus d’ici une année ou deux pourra t on réintroduire l’écureuil à queue rayée. Au rythme végétal et de la dimension du site. La réintroduction de Cercopithecus aethiops fut trop précoce mais des impératifs nous obligeaient de les déplacer sur le site. Trouver un mâle que les femelles accepteraient serait une réussite mais un surnombre de singes trop précoce augmenterait immanquablement la casse sur les arbrisseaux. Bref, la faune importe moins que la flore. Les animaux passent et trépassent aux pieds des géants végétaux a venir. Les vaches sont à proscrire car elles détruisent les arbrisseaux, broutent les fourrages des hippos, antilopes, lièvres et sont souvent sujettes à la fièvre aphteuse qui sévit souvent à Bujumbura et transmissible au guib harnaché. De plus, les tiques des vaches transmettent la tremblante aux guibs harnachés et les déciment en une semaine. Refuser les captures scientifiques, soit pour la confection d’herbiers, soit de graines qui perturbent la régénération naturelle, soit d’animaux quelconque, même de poissons, de batraciens ou de reptiles attractifs tels les caméléons, les varans ou les tortues. De plus en plus, limiter les sentiers créés par les travaux d’entretiens passés pour privilégier un sentier plus sûr (disons mieux balisé) qui empêche les piqûres de serpent. En effet le cobra à collier se rencontre sur le site, ainsi que la vipère du gabon de l’est dont il faut se méfier tout particulièrement. De plus un python de grande taille réside dans la vieille « barge des allemands », il faut, de ce fait, éviter que des petits enfants seuls se promènent dans les labyrinthes des 2 Phragmitaies. Ces labyrinthes sont créés par les hippos, ceux ci si trouvent parfois encore au début de la matinée et peuvent se révéler dangereux.
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